Patagonie [1] : Ushuaïa et la Terre de Feu
Voici venue l’heure du compte-rendu : c’était trop difficile d’en parler sur place, sans images, et au retour le tri des quelques 500 photos a été plutôt longuet (vive le numérique !). Je vais donc retracer le voyage en suivant nos étapes.
A commencer par notre première destination : Ushuaïa, le bout du bout du monde, la ville, dit-on, la plus australe. A vrai dire il existe Puerto Williams, ville chilienne qui se situe un peu plus bas. Mais Ushuaïa, ça nous parle tellement plus… et puis l’Argentine joue tellement sur cette idée de “bout du monde” pour le tourisme…
Image fort belle d’ailleurs quand on arrive en avion :
En arrivant de Buenos Aires, on voit d’abord des terres arides. Puis elles laissent place aux montagnes…
Après nos quelques 20 heures de voyage et de stress pour savoir si oui ou non, on se caillerait en petit pull au bout du monde ou si nos bagages nous attendraient là-bas (premier avion en retard = bagages qui ne suivent pas = un trajet plein d’interrogations et de changements = peu de sommeil
), on trépignait d’impatience à l’idée de poser un pied à terre pour visiter la région. On atteignait enfin notre but. L’intensité dramatique était à son maximum. Quelle aventure on s’apprêtait à vivre ! C’était sans se rendre compte que l’aventure, elle avait commencé dès notre départ de Londres, et que la loi de Murphy aidant, c’est quand t’es en avance que ton avion a du retard et que quand c’est barré comme ça faut pas t’attendre à ce que ça change.
D’où :
La vallée où se trouve Ushuaïa. Sous les nuages. Un brouillard pire qu’à Londres.
Et…
Un demi-tour de l’avion. “On ne peut pas se poser, on va vous poser plus loin”. Moué… mais bon, ça ne nous arrange pas ça ! Bref, on a compris qu’il était important d’intégrer la variable “lourds imprévus” dans notre organisation du reste du voyage… Heureusement, la suite nous a détrompé !
Et après quelques heures de bus, puis l’attente de nos bagages à l’aéroport d’Ushuaïa, on a pu découvrir la ville…
Les Alpes, mais avec la mer en plus, et pas les mêmes maisons. Ni les mêmes animaux. Ni les mêmes habitants. Bref, les montagnes en commun quoi.
Ici les maisons sont en tôle, les routes ne sont pas toutes goudronnées, mais quelques détails se chargent de nous rappeler d’où on vient !
Le paysage a quelque chose de magique. Dès notre première balade, on remarquera qu’il n’existe aucun plan d’urbanisation de la ville. Certes, c’est une succession de rues parallèles et perpendiculaires, mais au niveau des maisons, c’est “fait ce qui bon te semble”, ou “fais avec ce que t’as sous la main”. On trouve des maisons-studios, des maisons-algeco, des maisons-tôle-brique, des maisons en bois, et parfois tout ça à la fois. Avec la poussière soulevée par le passage des voitures, l’effet est saisissant. Et puis la mer, au pied des montagnes aussi.
Et ce fameux brouillard du matin, qui paraît-il, était exceptionnel. Tout comme le fait qu’on ait eu 3 jours successifs de beau temps, selon les habitants c’est très rare.
Du côté des expéditions, on a commencé par prendre le large pour explorer le Canal Beagle, sur un petit voilier, le “Tres Marias”, avec 8 autres coéquipiers…
Le Canal Beagle, c’est là, bras de mer entre l’Argentine et le Chili :

Une excursion qui nous a fait croiser nos premières bébêtes, à commencer par les cormorans aux yeux bleus perçants :
A cette époque de l’année, point de pingouins, ils reviennent tous vers la fin du printemps et septembre, en Argentine, c’est la fin de l’hiver. Pas de pingouins, mais des phoques, et des lions des mers :
En petit comité, on a pu accoster sur l’une des nombreuses îles pour mieux connaître la faune et la flore… en particulier ces algues, pourvues de petites “bouées” naturelles (les points blancs) qui lui permettent de flotter pour emmagasiner la lumière nécessaire à sa croissance (qui est de plus d’un mètre par jour !)
Cet autre type d’algue flotte grâce à un système d’alvéoles à l’intérieur :
Et alors qu’on se concentrait sur les algues, on a découvert qu’au bord de la plage on ne marchait pas sur des galets mais… sur un parterre de moules !!! Sisi, regardez bien !
Et puis, on s’est fait un grand ami : le Bolax. Je dédie tout particulièrement cette photo à mon amie la Carôtte, puisque le bolax, que vous voyez là-dessous comme une sorte de mousse qu’on imagine accrochée à des rochers, est en fait une plante enracinée dans la terre, mi-caoutchouc mi-champignon, de la famille des carottes. Très dure quand elle est vivante, molle quand elle est sèche. Une mutante mi carotte-mi bolet-mi caoutchouc.
Une sortie faune et flore passionnante…
Le lendemain, on avait décidé de se lancer dans une expédition au Lac Esmeralda, réputé, selon notre guide, pour la couleur émeraude de son eau. Alors on se lance, en partant d’un refuge où une quarantaine de huskies attendaient les clients pour des balades en traîneau.
Ca aurait du faire tilt : qui dit traîneau, dit neige non ? Et qui dit neige dit… bé oui, lac recouvert, point de vert émeraude à l’horizon !
(oui oui, c’est le lac, là)
Heureusement, tout au long de la balade la randonnée nous a permis d’en voir, des formes et des couleurs :
Pour notre dernier jour à Ushuaïa, on a pris la direction du parc national de la Terre de feu, appelée ainsi parce que Magellan, lorsqu’il débarqua, apercevait les nombreuses volutes de fumées des campements indiens. La terre de Feu, c’est toute la partie Argentine de la pointe de l’Amérique du Sud, mais le parc naturel est à l’Ouest d’Ushuaïa, collé contre la frontière chilienne (zone jaune) :

La sortie bateau était certes belle, mais cette balade dans le parc avait quelque chose de magique : on n’a croisé que quelques rares personnes, et le silence était surtout troublé par des cris d’oiseaux.
Je ne vous mets pas de photo de lapin de garenne, vous en avez déjà vu, mais il doit y en avoir des dizaines de milliers dans ce parc, et le nombre de terriers qui va avec !
C’est ici que nous avons croisé nos premiers ibis, ces oiseaux au long bec et au cri perçant :
L’endroit est aussi peuplé de castors “importés” ici après la guerre pour commercialiser sa fourrure, mais l’entreprise a totalement échoué. Les barrages formés par les bêtes provoquent régulièrement des inondations, qui participent, avec le vent, à la destruction de la forêt alentour comme on le voit ici…
C’est long, je ne vous ai pas parlé de notre visite du bagne d’Ushuaïa, qui a servi initialement à forcer les familles à s’installer dans cette zone reculée pour augmenter la population locale, mais comprenez, ce serait trop long… et il est déjà l’heure de partir pour Punta Arenas, rendez-vous demain !
Virginie a dit,
octobre 5, 2007 à 8:27
hola Marjo !!
Anna m´avait parlé d`un voyage en amerique du sud a velo… mais ou sont les velos ?!!
superbes photos en tt cas ! la patagonie…. whaou juste le nom fait rever… il nous manque encore qq km avant d´y arriver… poco a poco…
bon retour a la radio alors, que le vaya bien
Virginie
Fanny a dit,
octobre 5, 2007 à 9:43
Tes photos sont magnifiques, ça donne envie. Je suis épatée que t’es pu approcher les phoques d’aussi près !
Et j’aime bien la couleur des ibis aussi… C’est chouette tout ça.
Bisous ma soeurette pi la semaine prochaine tu me montre toutes tes photos !
jarmolaine a dit,
octobre 5, 2007 à 11:31
ah non, les vélos on les garde pour un prochain voyage ! Tout préparer pour 15 jours seulement et en hiver à l’autre bout du monde, ça ‘aurait été de la folie !
brigitte a dit,
mars 19, 2009 à 11:22
Quelle chance d’avoir pu aller voir le bout du bout du monde. Malheureusement je n’ai pas sentie à travers vos commentaires , l’enthousiasme auquel on pourrait s’attendre lorsque l’on visite un tel pays. Serait-ce la saison qui n’était pas la bonne ?
En tous cas je vous remercie d’avoir partagé avec nous vos photos, elles sont très belles.